Les insectes des forêts tempérées

Le Citron, (Envergure : 55 mm) joli papillon aux ailes jaune soufre marquées d’une tache orangée, vole au bord des bois dès le mois de mars. Il a passé l’hiver caché sous les feuilles mortes et se montre dès que le soleil réchauffe l’air. Sa chenille verte, rayée de lignes blanchâtres, ronge les feuilles de la bourdaine et du nerprun. Quelques autres papillons de belle taille voltigent dans les bois mais beaucoup d’autres sont très petits et souvent difficiles à identifier car ils se ressemblent étroitement.

Beaucoup sont qualifiés de « ravageurs » car leurs chenilles s’attaquent aux feuilles ou aux rameaux des arbres. Dans les forêts d’arbres à feuilles caduques, le seul dont la présence se fasse remarquer est la Tordeuse verte du chêne.

Ce papillon vole pendant 5 à 7 jours autour de la cime des arbres au mois de juin ou juillet. Avant de mourir la femelle pond ses œufs 2 par 2 sur des branchettes de chêne, à la base des feuilles. Ils restent là pendant tout l’été, l’automne, l’hiver, et à la fin du mois d’avril ou au début de mai de petites chenilles vertes en sortent; immédiatement elles se mettent à manger les jeunes feuilles encore pliées dans les bourgeons. Elles les dévorent au point de n’en laisser que les nervures et les chênes qui auraient dû être verts paraissent grisâtres à distance. A la fin de mai, les chenilles cessent leurs dégâts et se transforment en chrysalides.

Quand ces chenilles sont très nombreuses on entend le bruit de leurs excréments, semblables à de petits grains noirâtres, qui tombent sans arrêt sur les feuilles mortes et souvent on en voit se balancer au bout d’un fil de soie fixé à la cime de l’arbre. La Tordeuse verte est mangée par de nombreux insectes; ainsi, des guêpes pondent leurs œufs dans le corps des chenilles qui seront dévorées de l’intérieur par les larves.

Les Tordeuses

Au moins quarante espèces d’oiseaux mangent les papillons et les chenilles, mais quand les Tordeuses se mettent à pulluler, ils ne peuvent les détruire toutes. Cette multiplication des Tordeuses se produit assez régulièrement. Les chênes attaqués par les chenilles parviennent à remplacer le feuillage qui a été détruit mais cela les empêche de produire autant de bois qu’en temps normal. De tous petits animaux peuvent donc avoir une influence considérable quand ils sont très nombreux.

Le lucane cerf-volant

Les gros insectes semblent rares en forêt car ils passent la plus grande partie de leur vie à l’état de larves cachées dans le bois ou sous les écorces. Chez l’un des plus grands, le Lucane Cerf-volant, les mâles ont des mandibules très longues et ramifiées. Ce Coléoptère se nourrit de sève et se montre à la fin de juin ou en juillet, surtout à la tombée de la nuit. Sa larve passe 5 ou 6 ans dans des galeries qu’elle fore à l’intérieur du tronc des vieux chênes. Le Géotrupe, l’un des plus communs parmi les Coléoptères forestiers, recherche les excréments des mammifères dont il se nourrit. En juillet il creuse un terrier vertical, profond de 15 cm environ, pourvu de galeries latérales qu’il remplit avec des résidus de digestion et dans chacune il pond un œuf. Les larves ont ainsi de la nourriture. Elles passent l’hiver en terre, se métamorphosent en nymphes l’année suivante et l’insecte parfait sort en juin-juillet.

Déchiquetées par des insectes et d’autres petits animaux, amollies par la pluie, les feuilles mortes qui tapissent le sol de la forêt se transforment au bout de deux ou trois ans en une matière noirâtre, l’humus, qui s’incorpore peu à peu à la terre et renferme de nombreuses substances nécessaires à la vie des plantes.

Un Coléoptère tout noir, le Rhynchite du bouleau (Longueur : 4 mm), dépose ses œufs à l’intérieur de minuscules rouleaux confectionnés avec des feuilles. La femelle découpe une fente en forme de S dans chaque moitié du limbe et détache les morceaux qui proviennent de cette incision. Puis elle les enroule l’un par-dessus l’autre et pond de deux à cinq œufs à l’intérieur de ce tube. Il ne lui faut qu’une heure pour réaliser ce travail compliqué qui lui a valu le nom de cigarier ou rouleur de feuilles. Les larves restent deux à trois mois dans leur berceau puis en sortent, tombent par terre et se transforment en nymphes.

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