Le nom des plantes et l’origine de leur appellation

En parcourant un livre ou un catalogue qui mentionne une grande quantité de plantes on voit qu’elles sont surtout indiquées sous leur nom botanique, en latin. A beaucoup d’amateurs cette manière de désigner les végétaux apparaît fort ennuyeuse, sinon décourageante.

Ceux qui aiment les plantes et qui les connaissent acceptent sans difficulté l’usage des noms scientifiques, car seuls ils permettent de désignerles plantes d’une manière précise et dans un langage qui est intelligible dans tous les pays.

On se demande souvent pourquoi il fallait employer cette terminologie et nous allons essayer de donner ici une courte réponse à cette question.

Le nom des plantes et leur signification

N’importe quelle plante est désignée par deux noms (comparables au nom de famille, LEBRUN, DUPONT,et au prénom : Pierre, Jean… de chacun d’entre nous) pour permettre leur identification et pour les donner en référence. Prenons l’exemple de la campanule (en latin Campanula) qui désigne, d’après l’aspect de la fleur, une petite cloche.

Mais il existe des dizaines, sinon une centaine de campanules : plantes poussant à l’état naturel, espèces cultivées pour leurs qualités ornementales, sans oublier les nombreuses variétés obtenues par hybridation à la suite des travaux patients des horticulteurs. En utilisant le nom français tout seul, on créerait une confusion encore plus grande qu’avec les dénominations latines : Campanula lactiflora deviendrait « campanule aux fleurs couleur de lait » et il faudrait ajouter éventuellement le nom de ses variétés. Campanula glomerata ‘Nana Lilacina’ serait en France la « campanule naine à fleurs verticillées lilas’.

Et ce sont des exemples simples car pour d’autres plantes il serait pratiquement impossible de leur attribuer un nom commun. Les trois mots : Aconitum napellus ‘Bicolor’ désignant d’abord le genre Aconitum, puis l’espèce napellus et enfin la variété ‘Bicolor’.

D’après des conventions internationales récentes le mot variété est réservé aux différents aspects des plantes poussant à l’état naturel. Les « variétés » horticoles sont devenues des cultivars ou cv. et elles sont indiquées de manière précise dans les ouvrages et les catalogues modernes de la manière suivante : ‘Bicolor’, Anémone hybride ‘Honorine Jobert’ ; Aster alpinus ‘Lac de Genève.

Il est d’ailleurs possible de trouver une explication ou de donner une signification à tous les noms de plantes même si l’origine de certains mots s’est perdue au cours des siècles. Pour certaines d’entre elles il s’agit de la forme grecque ou de la version latinisée de leur nom commun.

Il n’est d’ailleurs souvent pas nécessaire de pousser les recherches bien loin car les noms de nombreuses espèces sont en relation directe avec leur description. Ainsi les noms d’espèces terminés en ‘oides’ font état d’une ressemblance avec une autre plante, ‘primuloides par exemple.

D’autres noms spécifiques font allusion à la couleur : aureum pour doré, album pour blanc, roseum pour rose, rubrum pour rouge, etc. ‘latifolia’ veut dire à grandes feuilles et ‘macrantha’ d’origine grecque signifie « à grande fleur » bien qu’il existe également un mot latin ‘grandiflora’ qui a la même valeur.

Les noms qui se terminent en ii ou en iana correspondent souvent à une espèce qui a été dédiée à un botaniste ou à un voyageur.

Rudbeck et Stokes ont vu leur nom de famille transformé en Rudbeckia et Stokesia, deux genres de plantes vivaces qui évoquent le nom d’un botaniste suédois du XVIIe siècle pour le premier,et de W. Stokes médecin irlandais pour le second.

De très nombreux noms d’espèces rappellent l’origine des plantes qu’il s’agisse d’un pays : japonica pour le Japon, ou d’une région : macedonica ou tyrolensis. D’autres espèces sont désignées par les conditions dans lesquelles la plante croit à l’état spontané : les montagnes par montana, les bois pour sylvatica, un lieu humide avec lacustris, palustris ou uliginosa.

Accoutumé à ce vocabulaire expressif, le lecteur y trouve souvent une source d’intérêt grandissant. D’ailleurs le choix des plantes peut être fait sans qu’il y ait lieu de s’embarrasser des appellations qui semblent étranges au premier abord. Il ne faut pas, bien entendu, se laisser impressionner par ce langage quelquefois déconcertant et il est utile au contraire de réaliser son importance pour déterminer très exactement les plantes vivaces.

Tout le monde connaît Chrysanthemum, Delphinium ou Rhododendron et il existe bien d’autres noms scientifiques qui sont acceptés sans difficultés. Les noms des variétés (ou cultivars) sont la plupart du temps des noms de personnes ‘Lamartine ‘Lieutenant Chavagnac’ ou des appellations de fantaisie ‘Gloire d’Orléans’, ‘Jubilee’ écrits dans la langue originelle de l’obtenteur et parfois traduits ; la manière dont ils sont présentés permet d’éviter les confusions.

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