La mante religieuse

La mante religieuse a des capacités inconnues dans le monde des insectes. Elle peut remuer la tête et regarder par-dessus son épaule, se nettoyer la figure comme un chat ; si vous lui offrez de la nourriture dans le creux de votre main, elle la prendra aussi gentiment que le ferait votre chien. En outre, elle sait baisser la tête et boire à la manière d’un cheval ! On l’a nommée le « dinosaure » des insectes à cause de son aspect que l’on pourrait presque qualifier de préhistorique.

Le corps de la mante religieuse

Elle a le corps si mince et d’une couleur si semblable à celle des feuilles sur lesquelles elle vit qu’on a du mal à la distinguer. Quand la mante émerge de son cocon, elle est minuscule et couleur d’avoine : elle est même si petite qu’elle n’aurait aucun mal à se poser sur une tête d’épingle.

Elle est le portrait de ses parents, y compris les grands yeux, à cette exception près qu’elle n’a pas d’ailes : celles-ci se développeront quand elle aura cinq mois à peu près.

Son corps est mou, mais bientôt il se durcit et sa couleur fonce pour devenir verte ou brune. Dès l’âge le plus tendre, la mante adopte la position de « prière » qui est l’attitude caractéristique de ses aînées.

Quoique plusieurs espèces de mantes vivent dans nos régions tempérées ; on les trouve en grand nombre en Orient. Une mante chinoise envahit les Etats-Unis en 1896 et, trouvant les conditions agréables, y prospéra tant et si bien qu’elle finit par chasser certaines espèces indigènes. La mante chinoise est détestée des apiculteurs : elle dévore les abeilles qu’elle saisit entre ses pinces à la sortie des ruches.

Son alimentation

C’est la femelle qui est la cannibale de la famille. En grandissant, et surtout quand elle porte des œufs, elle éprouve une faim de plus en plus dévorante.

Étant donnée la quantité d’insectes qui fourmillent de par le monde, on pourrait croire que M. Mante n’a aucun mal à lui en trouver suffisamment pour la nourrir. Bien au contraire ! Son compagnon lui-même n’échappe pas à sa voracité : elle le mange. Alors même qu’il est en train de fertiliser ses centaines d’œufs, elle le saisit entre ses pattes de devant, de véritables scies, penche en arrière sa tête en forme de flèche, lui coupe le cou et, calmement, commence à lui dévorer le thorax. Dès que le mâle, à moitié mort, a fini ses travaux de fertilisation, elle le mange tout entier.

La mante affamée observe d’abord tranquillement sa victime. Avec lenteur, elle s’avance jusqu’à ce qu’elle soit en bonne position pour attaquer. Alors, rapides comme l’éclair, ses pattes pointues jaillissent, et l’insecte sans méfiance est condamné. Lorsqu’elle en capture plus d’un à la fois, elle place le second sous son aisselle, comme un porte-documents, et dévore méthodiquement son compagnon d’infortune.

Au début de l’automne, la femelle pond une centaine d’œufs en un amas enrobé d’une pellicule de substance blanche écumeuse qu’elle éjecte de son corps. Elle attache sa ponte à une tige de bruvère ou un rameau, à trois ou quatre mètres du sol. Puis elle s’en va. Vers la fin du printemps, les œufs éclosent et les larves commencent immédiatement à se gaver d’insectes.

Mais une menace plane sur elles : c’est la petite guêpe parasite que l’on nomme Rielia manticida. Lorsqu’elle repère une mante, la guêpe se pose sur son dos et se débarrasse aussitôt de ses ailes. Puis elle attend que son hôtesse se mette à pondre; alors, elle pénètre sous la pellicule par derrière et pond ses propres œufs. Lorsque ceux-ci éclosent, ils dévorent les jeunes mantes.

La fourmi aussi est dangereuse pour ses dernières : elle rôde autour de la ponte et tue les larves qui en sortent.

Quoique la mante religieuse mérite d’être nommée « insecte prédateur », elle fait merveille dans les jardins et ne doit pas être détruite.

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