La faune en péril

Combien y a-t-il d’espèces éteintes ?

A certains égards, l’extinction des animaux fait partie de l’évolution naturelle, car des espèces n’ont cessé de disparaître depuis que la vie existe. Il est impossible de savoir exactement combien d’espèces se sont éteintes, mais les savants estiment qu’elles représentent environ 90 % de toutes celles qui ont existé.

Toutefois, à certaines époques de l’histoire de la Terre, le rythme des extinctions s’est accéléré. Ce fut le cas, il y a 65 millions d’années environ, lorsque tous les dinosaures disparurent, et il en est de même à l’époque actuelle. Depuis le début du XVIIe siècle, plus de 200 espèces de mammifères et d’oiseaux ont disparu, ainsi qu’un nombre incalculable d’autres animaux petits et grands.

De nos jours, l’un des plus graves dangers qui menacent le monde vivant vient du fait que l’homme est capable de modifier les milieux naturels à une telle vitesse que beaucoup d’espèces animales ne peuvent s’adapter aux nouvelles conditions.

La chasse est-elle un danger pour les animaux sauvages ?

La chasse abusive, exercée pour diverses raisons, a contribué et contribue encore à l’extinction de certains animaux. Le grand pingouin, oiseau de l’Atlantique Nord incapable de voler, fut chassé sans répit pour sa chair et pour servir d’appât, au point qu’en 1844 il disparut de la surface terrestre.

Aujourd’hui encore, la chasse pratiquée dans un but commercial menace différentes espèces de félins, de baleines, de tortues de mer et beaucoup d’autres animaux sauvages.

Mais ces massacres ne sont plus considérés comme de la chasse par les gens raisonnables. Aujourd’hui, dans maints pays, la chasse est une activité légalement contrôlée où le butin n’a parfois qu’un aspect secondaire. Elle est limitée à certaines espèces et est soumise à des règlements-qui limitent les prélèvements annuels de façon que la reproduction soit assurée.

Malheureusement il y a toujours des individus qui ne respectent pas ces restrictions indispensables.

Quelle est l’autre grande menace pour les animaux sauvages ?

Vers la fin du XIXe siècle, sur une île proche de la Nouvelle-Zélande, le chat d’un gardien de phare tua une vingtaine de petits oiseaux en l’espace de quelques mois, et l’on se rendit compte trop tard qu’il s’agissait d’une espèce de xéniques ne vivant que sur cette île. Le félin l’avait anéantie…

Il est rare cependant qu’une espèce disparaisse pour une seule raison. Le dodo, oiseau aux ailes rudimentaires de la taille du dindon, vivait autrefois sur l’île Maurice. Il fut massacré pour sa viande, mais cet oiseau nichant par terre fut davantage victime des rats et des porcs qui mangeaient ses œufs. En fait la destruction de l’habitat est l’une des plus grandes menaces qui pèsent sur les animaux sauvages, car le surpâturage du bétail, la pollution de l’air et de l’eau, le déboisement des forêts, la construction de villes et d’usines les privent de ce qui est indispensable à leur existence.

Quelles sont les espèces qui courent le plus de danger ?

Il existe plusieurs moyens de savoir à quel point une espèce est en danger. Le plus simple est d’effectuer un recensement. Il ne reste probablement plus qu’une demi-douzaine de perruches écho, vivant sur l’île Maurice, surtout du fait de la destruction de leur habitat. Le rhinocéros de Java, autre espèce rarissime, ne compte plus que quelques douzaines d’individus à cause du braconnage et de la destruction des forêts profondes où il vit.

La faiblesse des effectifs n’est pas toujours un critère très sûr ; ainsi, la bouvière de Tokyo, petit cyprin, a encore des milliers de représentants,mais n’en est pas moins en grand danger, car l’extension des cités et la pollution menacent de détruire les quelques petits torrents de la région de Tokyo où elle vit.

Que fait-on pour préserver les animaux sauvages ?

Les accords internationaux jouent un rôle important pour protéger les espèces en danger. Ainsi, plusieurs dizaines de pays ont accepté d’interdire le commerce des peaux de différentes espèces menacées, tels le guépard et le léopard des neiges, ou d’animaux vivants comme le rare amazone impérial de l’île Dominique (Caraïbes).

Des organisations privées comme le World Wildlife Fund et l’Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources s’occupent également de protéger la faune et la flore sauvages. Leurs activités vont de la création de parcs et de réserves à l’élevage d’animaux sauvages en captivité, mais l’éducation du public est extrêmement importante.

Des groupes privés ont aidé le gouvernement péruvien à établir dans les Andes une réserve pour la vigogne, parente du lama qui avait été presque exterminée pour sa laine fine. En la protégeant du braconnage et en conservant son habitat, on a réussi à accroître ses effectifs de façon progressive, et certains sujets ont été capturés et transportés dans d’autres régions du pays.

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