L’histoire du Terre-Neuve

Vers les années 1700, Sir John Banks, membre de la Royal Geographic Society de Londres, participa à de nombreuses expéditions dans l’île de Terre-Neuve. Il fut très surpris de n’y rencontrer aucune race de chien distincte.  Sur des indications recueillies sur place, il se mit cependant à la recherche d’un habitant de Trépassy qui certifiait posséder un chien pouvant être considéré comme un Terre-Neuve d’origine. Ses investigations ne furent malheureusement pas couronnées de succès.

Cependant, au cours d’expéditions postérieures, il aurait réussi à acquérir des spécimens de cette race, errant au hasard dans l’île à l’époque de la saison de fla pêche, complètement abandonnés à eux-mêmes, mais se révélant d’une très grande adresse pour nager et pour attraper des poissons dans l’eau.

A la fin du XVIII siècle, ces chiens étaient devenus si nombreux qu’en 1780 le gouverneur de l’île Edwards limita à un le nombre de chien autorisé dans chaque foyer, et qu’en 1815 la Cour des Sessions décida (vraisemblablement dans le but de combattre une épidémie de rage) de faire abattre sur place tout chien non muselé.

L’exportation des Terre-Neuve

A partir de cette époque débuta l’exportation des chiens de Terre-Neuve vers l’Angleterre, notamment vers la ville de Pool. Les plus beaux spécimens provenaient des établissements français des Trois Montagnes et possédaient une fourrure noire relativement frisée rappelant de loin celle de l’astrakan.

En France, avant la guerre de 14/18, on pouvait voir dans diverses expositions canines, tant à Paris qu’en province, quelques Terre-Neuve, grâce à la propagande active et soutenue d’un brave curé de campagne, le curé de Couteville, qui avait été aumonier d’une flottille naviguant vers Terre-Neuve.

Entre les deux guerres le Terre-Neuve n’avait guère d’adeptes en France, alors qu’en Angleterre, en Italie et en Suisse grâce à des clubs spécialisés très actifs, il était plus répandu.

Quoique bien connu pour ses qualités de sauveteur, ce chien Terre-Neuve du début du XIX e siècle (d’après P. Mégnin) Terre-Neuve de la fin du XIXe siècle (d’après Véro Schaw) avait subi en France une cruelle mésaventure qui contribua certainement à lui enlever l’estime du grand public : un préfet de police de Paris avait eu l’idée d’utiliser des Terre-Neuve pour compléter les services de la brigade fluviale qu’il venait de créer.

Normalement, les chiens auraient dû être d’une grande aide pour les agents, eux-mêmes munis d’instruments de sauvetage (cordages, bouées, etc.). Mais qu’advint-il? Grossièrement trompé sur les aptitudes des sujets qu’on lui avait offerts et ne les ayant pas suffisamment testés au préalable, le préfet fit la plus mauvaise affaire de sa carrière.  Au premier individu, accidentellement tombé d’un parapet ou au premier désespéré que le fleuve attirait, les chiens refusèrent de porter secours et d’aller à l’eau malgré les efforts des agents qui durent y entrer à leur place. Les mêmes faits s’étant reproduits plusieurs fois, on supprima les chiens de la brigade fluviale.

PARTAGER