Bien nourrir vos oiseaux

Le fait que les oiseaux aient su s’adapter pratiquement à toutes les régions de la planète permet d’en déduire qu’ils ne sont pas concernés par un, mais par plusieurs régimes alimentaires.

Cette diversité va évidemment se retrouver dans la multitude d’espèces, de cages ou de volières. D’où l’importance d’une alimentation adéquate, parfois simple, parfois complexe, qui va retentir à la fois sur le comportement de l’oiseau et, puisque c’est devenu un enjeu à notre époque, sur son aptitude à la reproduction.

Les grands groupes alimentaires

La variété des régimes nutritionnels nous permet de classer les oiseaux qui nous intéressent en plusieurs catégories :

  • les granivores ;
  • les frugivores consommateurs de fruits et les insectivores ;
  • les omnivores, très éclectiques
  • les nectarivores qui prélèvent le nectar des fleurs.

En fait, il s’agit d’une classification sommaire qui ne doit pas masquer les mille et une passerelles existant entre ces groupes. Exemple : beaucoup de granivores deviennent insectivores à l’époque de la reproduction, etc.

Les granivores

Ce sont les oiseaux de cage et de volière les plus nombreux et ceci pour plusieurs raisons :

  • ils sont faciles et rapides à nourrir : un argument souvent retenu par l’amateur qui n’est pas sûr de disposer chaque jour du temps nécessaire :
  • leur nourriture se conserve bien en cage et permet éventuellement de s’absenter ;
  • les graines, produites en très grande quantité, sont moins chères à l’achat qu’une pâtée pour insectivores et peuvent facilement se stocker dans des sacs ou des bidons :
  • les granivores, de façon générale, s’adaptent mieux à la cage que les autres groupes les pontes sont plus nombreuses, le nombre d’œufs plus élevé et les parents stimulés couvent mieux. On retrouve d’ ailleurs souvent les mêmes graines au menu tant des becs droits que des becs crochus.

Les petits becs droits

Ils consomment un mélange dit de base composé d’alpiste, de millets divers, de niger, de navette et de gruau d’avoine dans des proportions définies industriellement ou selon des « recettes » que l’on s’échange au sein des associations. Parmi ces oiseaux citons :

  •  les petits passereaux africains (astrilds, capucins, cou-coupé, bec- de-corail, etc.) ;
  • des asiatiques : bengalis ;
  • le tarin du Venezuela ;
  • les diamants océaniens (psittaculaire, kiltlitz, peale…).

Exemple d’un mélange pour les australiens et océaniens : alpiste 60%, millet blanc 20 %, millet roux 10 %, niger 5 %, millet du Japon 5 %. Ici la forte proportion d’alpiste freine la tendance à l’embonpoint de certaines espèces.

Les becs droits de taille moyenne

Ils ont pratiquement le même mode alimentaire que les précédents. Ce sont les canaris, les tisserins d’Afrique (doré, ignicolore, monseigneur…), les veuves, le padda d’Asie, le moineau du Japon, les diamants australiens, etc. On peut ajouter au mélange du riz paddy (non décortiqué).

Les becs droits de grande taille

Régime identique mais, à l’époque de la reproduction, les jeunes consomment beaucoup de nourriture vivante pas toujours facile à trouver en quantité suffisante. Ce sont surtout les gros-becs d’Asie, les grands tisserins d’ Afrique et les cardinaux américains (vert, rouge, paroare, etc.). Ce régime sera enrichi de gruau d’avoine, de riz paddy et d’un peu de tournesol.

Les becs dits crochus

Ils se répartissent en trois groupes.

  • Les petits : perruche ondulée, inséparables (ou agapornis), perruches turquoisine, splendide, bourke, etc. Pour eux un régime dit
    « à perruche » : millets variés, alpiste, gruau d’avoine.
  • Les moyens : perruches australiennes (omnicolore, palliceps, pennant, barraband, princesse de Galles… sans oublier la callopsite). Même régime complété par du tournesol.
  • Les grands : perroquets, cacatoès, amazones, aras. Mélange de tournesol, maïs, gruau d’avoine, blé, cacahuètes etun peu d’alpiste. Ne pas trop forcer sur les cacahuètes et le tournesol très lipidiques.

Un cas spécial, les colombidés Ces oiseaux ont le bec à la fois droit et moins dur que celui des espèces précédentes. Il s’agit des pigeons,
colombes et tourterelles. Un petit monde qui apprécie un mélange de blé, avoine et maïs ainsi que de la verdure et des fruits.

Il est également utile de proposer un complément de graines dites de santé disposées dans un godet à part. On les trouve dans le commerce, elles sont très petites : laitue, œillette, niger, carotte…

Ne pas oublier, deux fois par semaine, une cure de vitamines incorporées à l’eau de boisson et de fournir, pour le calcium, un os dc seiche et des coquilles d’œufs.

Les frugivores et les insectivores

Nous associons ici les deux catégories car beaucoup d’espèces ont une nourriture mixte, Là aussi les besoins diffèrent selon la taille et l’origine. Le régime de base sera la pâtée universelle, mélange de chapelure, de graines broyées, (calcium, phosphore) et d’acides espèces, en pâtée classique pour les autres.

Les petits becs fins

Zostérops, yuhinas, mésanges d’ Asie, gobemouches. Ces petits oiseaux auront droit à la pâtée « bec fin » complétée de petits vers de farine (buffalos), d’œufs de fourmi et de teignes de ruche. Ils apprécient également la confiture et les bouillies fruitées pour bébés ainsi que les fruits doux : banane. orange, poire, figues simples et de barbarie, En boisson, donnez du nectar des colibris (voir plus loin).

Les moyens becs fins

Rossignol du Japon, mésia, verdin, bulbul, iréna, loriots. merle shama. spréos africains, niltava, tangaras. Pour eux, une pâtée universelle enrichie d’insectes vivants (vers de farine, pinkies, grillons, sauterelles, teignes de ruche, œufs de fourmi) en vente chez les marchands spécialisés. Egalement confiture, bouillies fruitées « bébé », fruits de saison et nectar.

Les gros becs fins

Garrulaxes, barbus, calaos, touracos. Même régime que pour les précédents (forcer sur les fruits ct les verdures pour les touracos) mais avec apport de petits morceaux de viande hachée et de jaune d’œuf cuit émietté.

Les omnivores

II s’agit en fait d’oiseaux faciles à nourrir (pâtée universelle, fruits et insectes) : geais et pies exotiques, toucans, mainate, martins.

Une pâtée « spéciale mainate » ainsi que du riz cuit offrent l’avantage de raffermir les déjections naturellement très liquides de cet oiseau intelligent, excellent parleur mais sale. Le toucan apprécie les fruits (pomme, raisin, banane, papaye, tomate) et le fromage dur coupé en petits dés, le tout mêlé à de la pâtée universelle bien dosée pour que l’ensemble ne colle pas. Pour boire, il est nécessaire de lui fournir un récipient presque aussi profond que la longueur de son bec.

Il apprécie également le riz cuit et vous lui donnerez des boulettes de viande hachée, du jaune d œuf cuit et des insectes (vers de farine de grande taille). C’est un oiseau sale qui gaspille beaucoup. Sa nourriture doit donc être renouvelée tous les jours, les perchoirs et récipients lavés avec soin.

Les nectarivores

Ce sont les colibris d’Amérique et les soui-mangas d’Afrique ou d’Asie. La base de leur alimentation est le nectar avec en complément de petits insectes capturés en vol. Vous pouvez vous procurer le nectar sous forme de poudre à dissoudre dans une certaine quantité d’eau ou le fabriquer vous-même.   Le nectar permet également d’administrer facilement un médicament à un oiseau mal en point. Quasiment toutes les espèces, de la plus petite à la plus grande, apprécient cette boisson qu’il faut renouveler plusieurs fois par jour en plein été car elle s’altère vite.

On peut aussi en imprégner des biscuits tendres comme les boudoirs ou les madeleines.

Certains soui-mangas africains et asiatiques ne dédaignent pas la pâtée universelle « bec fin ». C’est au cas par cas. Les fruits juteux ou la banane bien mûre sont également appréciés. Compte tenu de la composition du régime alimentaire de ces oiseaux, il est indispensable de nettoyer régulièrement perchoirs et cages.

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